Alexei Shulgin : contre-interactivité !

Alexei Shulgin : contre-interactivité !


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En effet, le phénomène d’interaction peut se révéler dans d’autres circonstances, lieux et temps. Il s’agirait alors de retro-action interactive. Lorsque nous observons les peintures rupestres de Lascaux, sans doute réalisées à d’autres fins que contemplatives, elles nous ramènent à notre histoire commune, à une culture locale, géographique et culturelle avant même de nourrir une iconographie de la peinture. En ce sens, le phénomène d’interaction se produit. Or, aujourd’hui, nous raisonnons et établissons notre imaginaire selon des logiques spectaculaires et instantanées. Il n’est guère autorisé de laisser des latences construire notre consommation du réel. L’idée étant que ce que je vois, je l’assimile hic et nunc. 

Alexei Shulgin est un trublion et joue à contre-courant de cette vision normalisante. Il instaure des mouvements perceptifs inconscients et cinglants à l’égard de chacun, dans nos habitudes et usages de consommation du visible dans l’espace internet. 

À chaque incidence visuelle et sonore (effets visibles, réactions) correspondent en effet les fonctions processuelles du parc informatique, de la machine et son travail se construit notamment dans ce rapport de l’homme à la machine. De ce fait, les objets artistiques produits ne sont pas des objets uniquement artistiques, ils sont aussi des objets technologiques, ce sont des savoirs esthétiques couplés à des savoirs informatiques.