Art de rien et objets augmentés

Art de rien et objets augmentés


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À l’instar des neo-luddites, il n’est pas question de stigmatiser les démarches tirant leur essence au travers des media informationnels, virtuels et numériques. Les medias tactiques ne font pas l’apologie de l’homme-machine et de ses mutations. Ils l’étudient et établissent une pensée critique. Ils s’insinuent dans des espaces mouvants, infiltrant avec les mêmes outils des usages automatisés poussés à outrance (la générativité, les interfaces à distance, les décalcomanies du langage sur les structures lexicales du code…) et inversent des dynamiques puissantes qui, habituellement, ne laissent que peu de place aux diversités d’usages et d’expressions. Ainsi, dans les uniformisations productivistes émergent des objets incongrus dont la nature reste indiscernable. Il nous semblerait plus juste d’envisager les media tactiques comme antidotes-vaccins, formes intrinsèquement venimeuses mais neutralisées. Cela, cependant, ne peut être envisagé que par l’abandon de toutes formes fétiches et la résignation à la commémoration narcissique.