Conversation avec Paul Ardenne

Conversation avec Paul Ardenne


[...]

On parle de micropolitique, de macropolitique, d’art politique, etc. Il convient de se méfier de ces concepts, voire de s’en détacher. Car la seule chose qui compte, en définitive, c’est la prise de conscience.En ce qui me concerne, je n’apprécie guère l’ industrie culturelle, je n’aime pas beaucoup la manière dont on propose spectacles et expositions en fonction des publics ou des lieux, la manière aussi, partant, dont on oriente votre consommation et votre construction culturelle. On peut critiquer mon point de vue, bien sûr (au nom de l’argument de la nécessaire démocratisation culturelle, et de la mission en ces sens des États), et on aura d’ailleurs raison de le faire. On peut en effet considérer pragmatiquement que tous les moyens sont bons pour produire des prises de consciences, et que tout, de l’industrie culturelle, n’est pas forcément à jeter. Que vous visionniez un film hollywoodien, du type de celui de Al Gore, Une vérité qui dérange, documentaire didactico-spectaculaire militant en faveur du combat écologique, ou un reportage pur et dur fait avec trois euros et demi et de petites caméras numériques documentant le circuit de déchets nucléaires, peu importe, finalement. Disons que je me méfie de la tutelle, quelle qu’elle soit !

Cet entretien a été réalisé par Manuel Fadat en 2009

[calameo code=001170350ed6c615dc205 mode=mini view=slide clickto=view clicktarget=_self width=300 height=194  ]