Conversation avec Stephen Wright

Conversation avec Stephen Wright


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Il n’y a que la dimension politique de l’art qui m’intéresse. Je ne peux pas dire que j’aime l’art : je ne suis pas un amateur d’art. Pour moi, c’est simplement un objet heuristique pour étudier des questions sociales et politiques. Mais il y a un usage inflationniste dans le monde de l’art lui-même de cette prétendue vocation qu’aurait l’art de participer à changer le monde, etc. Il y a quelques années, j’ai écrit un article qui s’intitulait Le désoeuvrement de l’art. Je disais que l’art ne s’incarnait plus dans des oeuvres, mais dans des processus. Je voulais échapper à la dimension marchande, proposer une issue au fétichisme de la marchandise autour de l’objet d’art. Mais je me rends compte qu’aujourd’hui, le processus, dans un capitalisme post-fordiste, est tout aussi fétichisé, sinon plus.

Cet entretien a été réalisé par Manuel Fadat en 2009