Dilution de l’art sur internet, élaboration et inscription d’un territoire réticulaire

Dilution de l’art sur internet, élaboration et inscription d’un territoire réticulaire


[...]

Cette dissolution est-elle autrement concevable au vu de l’immensité des supports qui soutiennent l’oeuvre ou bien est-ce un jusqu’auboutisme de l’individu, incapable à contrebalancer l’usage massifié de la technologie et l’imprégnation psychologique qu’elle provoque. Le critique d’art s’octroie assurément la place de maître en élaborant un discours et se positionnant à la lisière des territoires en friches.

L’artiste se voit instrumentalisé par ses propres pratiques et par les interrogations levées. Il ne fait plus office de précurseur comme on se plaisait à le démontrer précédemment, il est dans un individualisme politique et créatif, les deux ne pouvant se dissocier. Seulement, au vu des mécanismes déployés par le territoire réticulaire, l’artiste se voit malmené. Sa position reste brouillée et ce n’est qu’avec une certaine lucidité qu’il doit louvoyer entre ces frontières pour perdurer comme individu. Son possible salut tiendrait alors dans un repli tactique évacuant la nomination de l’art : « l’ultime cadre qui ne cadrerait plus rien sinon lui-même ou qui encadrerait une figure zéro (à l’infini), une figure invisible » En conséquence de quoi, nous poserons une question sans doute abrupte mais ouvrant de nouvelles perspectives : Faut-il abandonner l’art ?

Cette analyse a été écrite en septembre 2007 par Gaspard Bébié-Valérian