Faites-le vous-même : des fanzines au Don à l étalage, positions d’autonomie créatives

Faites-le vous-même : des fanzines au Don à l étalage, positions d’autonomie créatives


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Le DIY, c'est la manifestation directe d'une énergie et d'une mise en branle de moyens simples, économiques et destinés à accomplir les projets le plus rapidement possible, avec le moins de moyens possible et d'argent ; et dont la mission est en premier lieu de donner corps, concrétiser une forme. Le DIY est une incarnation, un jet radical qui amène son initiateur à réfléchir, détourner, réinjecter pour assouvir sa volonté d'exister.

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Faites-le vous-même, c'est effectivement une capacité à produire par ses propres moyens et avec ses propres outils mais aussi à distribuer. Autoédition de fanzines, affiches, flyers, brochures, pamphlets..., productions de musique (maquettes, cds, vinyles, matos de concert, salles de répétition), le DIY s'étend jusqu'au champ de l'économie individuelle et domestique. Celle d'une invention du quotidien telle que définie par Michel de Certeau (locomotion, alimentation, santé, habitat...), chaque fois ce qui en découle est représentatif d'une intelligence, d'un art de la débrouille, d'une volonté de dépasser les contraintes.

Certes, le constat est dur, nous avons intégré une société de services et de consommation, mais la conviction, l'intégrité justifie un certain nombre de choix. Nombreux sont ceux qui se sont écartés de toute exploitation commerciale et initient leurs projets à perte. Travail à l'usine pour le pressage des vinyles, vente à prix libres des textes politiques et radicaux, jouer avec les limites de la légalité pour survivre et nourrir son art, d'où la récurrence des punks dans les squats, mécanique solidaire, ateliers de sérigraphie, réappropriation des espaces verts non exploités...

Un texte de Gaspard Bébié-Valérian