Entretien avec Ione Thorkelsson, Artiste (janvier – février 2015)

Entretien avec Ione Thorkelsson, Artiste (janvier – février 2015)


VERSION FRANCAISE :

MF : Chère Ione Thorkelsson. J’ai découvert votre travail récemment. Vous êtes une artiste qui travaillez avec le verre, mais vous utilisez également d’autres matériaux dans vos créations en verre et, en observant vos différents travaux, j’ai imaginé qu'il pourrait être intéressant de vous poser quelques questions au sujet du projet d'étude que nous menons actuellement. En effet, comme vous le savez, puisque vous avez accepté de participer, nous avons commencé une recherche concernant les créations contemporaines alliant verre et nouvelles technologies "à l'ère numérique". L'idée est d'observer ce qu’il se passe quand les artistes choisissent de combiner ces deux domaines (dimensions esthétique, artistique, poétique, plastique, symboliques, critiques). De toute évidence l'expression "nouvelles technologies" pourrait aussi soulever plusieurs autres sujets sociaux, politiques, économiques et écologiques. Voici donc une série de questions : Quelle est la relation que vous entretenez avec les technologies, en général, quel est leur rôle dans votre travail. Peut-on dire qu’elles influencent la forme, le sens ? Sont-elles seulement des moyens ? Est-ce que la relation avec les technologies a été une question importante dans votre pratique ? Etes-vous intéressée par les nouvelles technologies, ou le sujet du verre et des nouvelles technologies (technologies numériques), et si vous êtes intéressée, pourquoi ? Eventuellement, quelle est la place des technologies digitales dans vos travaux ? Que pouvez-vous dire à propos de l’usage des nouvelles technologies dans les arts du verre ?

IT : Mes excuses d'avoir tant tardé à répondre à votre requête et je regrette de ne pas être en mesure de vous répondre en Français, comme toute canadienne qui se respecte devrait être en mesure de le faire. Le Canada est un pays compliqué.

J’avais quelques difficultés à décider comment répondre à vos questions très intéressantes et stimulantes. Cela était en partie dû, sans doute, à la nature un peu schizophrénique de ma pratique artistique. Les réponses à vos questions sont totalement différentes selon le côté de ma pratique que nous considérons.

En général, ma relation à la technologie, bien que non antagoniste, est strictement basée sur la question des besoins. L’accent est mis sur la matière, en second lieu vient le processus, et seulement au dernier plan viennent les outils (technologie). Je sens que l'état d’esprit actuel dans le monde de l'art est exactement à l'inverse: axé sur la technologie avec une indifférence pour le choix du matériau.

Permettez-moi de commencer en indiquant que dans la mesure où la technologie numérique est concernée, la réponse à votre requête est simple : mon premier équipement numérique était un contrôleur sur un four (c1985), mon premier PC a été acheté en 1995, mon premier appareil photo numérique a été acheté en 1999, et mon premier site web a été lancé en 2000. Voilà. La technologie numérique n'a pas eu d’effets directs sur ​​ma pratique artistique.

Si, d'autre part, nous parlons de «technologie» en général, alors la réponse est oui, elle a eu un effet, étrange, sur ma pratique artistique. Quand j’ai d’abord essayé de travailler avec du verre au début des années 1970, je ne voulais pas maitriser toute la technologie, je me dirigeais dans la direction opposée, j’essayais aussi fort que je le pouvais de minimiser celle-ci, de la simplifier et de réduire le temps passé dans le studio à m’en occuper.

J’ai commencé à souffler le verre en 1973, ce qui était assez tôt dans le développement du Studio Glass Movement en Amérique du Nord. Je n’ai pas commencé à expérimenter avec le verre coulé (casting glass) avant la fin des années 1980, et de 1992 à 2006, j’ai jonglé à la fois avec le soufflage et le moulage dans le même studio. De 2006 à nos jours, j’ai uniquement produit des œuvres en verre coulé1http://www.mts.net/~thorkels/03migration/migration.html.

L'objectif du Studio Glass Mouvement a été passéiste en ce qu'il a cherché à relancer ou re-inventer une technologie ancienne, de le sortir de son cadre industriel assez bien gardé, de l'adapter et de le réduire de sorte que cette fabuleuse, mais techniquement exigeante, substance "verre" puisse être utilisée par l'artiste individuel dans un studio à petite échelle. C’était avant les stocks de verre, les couleurs, et l'équipement disponible commercialement, et bien avant les ordinateurs et l'Internet. Tout mon soutien technique jusqu'à l'Internet se composait de deux livres : Glassblowing : A Search for Form (1971), par Harvey Littleton et Modern Glass Practice (première publication en 1935) par Samuel R. Scholes. La communauté du verre était à l'époque assez réduite et la plupart des premières personnes du Studio Glass Movement venait de la céramique, ce qui signifie que beaucoup des premiers équipements et des outils ont été adaptés à partir des ateliers de céramique. Donc dans un sens, la relation avec la technologie était tournée vers le passé. Je me suis intéressée à la soudure, aux matériaux réfractaires et à la chimie seulement dans la mesure où ces technologies m'aidaient, sinon la technologie était un obstacle qui se dressait entre moi et mon matériau choisi. Mon allégeance était (et est) à la matière, pas la technique ou la technologie. Pendant les premières années, j’utilisais du verre de fenêtre refondu, chose que personne ne songerait à faire aujourd'hui. Cela m'a permis de mettre de côté tout le problème de la chimie de verre pendant un moment et de commencer à travailler avec verre assez rapidement [voir l'image "A0151 Vase" 2]2Freeblown remelted window glass (verre de fenêtre refondu librement soufflé), 1974, 12,5 cm x 27,5 cm ht. Le nombre «A0151» indique qu'il était la cent cinquante et unième terminée dans mon studio. Je ne pense pas avoir produit une pièce exprimant aussi bien l'esprit du Studio Glass Movement et mes sentiments envers le matériau qu’avec cette pièce très précoce : fondue, exubérante, sans chichis, spontanée, franche, euphorique, exploratoire.. Ma technologie préférée (outil) était une liasse humide de journal que je tenais dans la paume de ma main pour façonner le verre se cueilli au bout de la cane. Je ne pouvais pas travailler la matière en fusion à mains nues plus que cela, je ne pouvais pas moins passer par l’intermédiaire des outils et de la technique que cela. J’enviais les potiers qui pouvaient effectivement tenir l'argile dans leurs mains.

Le casting est une tout autre affaire. J’ai migré du verre soufflé au casting d'abord parce que je me suis intéressée à l’exploration de tous les aspects du verre et, deuxièmement, à l’exploration des possibilités expressives qui manquaient dans le soufflage. Ou comme je le dis sur mon site : ce fut comme si tout en marchant dans un long couloir dans une maison de verre je passais une porte que je n’avais jamais remarqué auparavant, légèrement entrouverte. J’ai donné à la porte d'un petit coup de pouce et elle s’est ouverte, révélant une nouvelle et vaste chambre3http://www.mts.net/~thorkels/03migration/ACADtalkREV.pdf.

En effet, les nouvelles technologies elles-mêmes (ou au moins les dessous des nouvelles technologies, spécifiquement les bio-technologies) sont devenues le contenu de mon travail actuel [voir l'image Synthia’s Closet 4An installation titled "Synthia’s Closet", to be shown at the Ottawa School of Art, Ottawa, Ontario, April 2015.] qui concerne les ambiguïtés et les inquiétudes culturelles entourant les tendances actuelles de la bio-ingénierie et de la manipulation génétique. Cela a été motivé par l'annonce selon laquelle Craig Venter aurait réussi à créer la «vie synthétique», le flux quotidien des histoires au sujet de la possible «dés-extinction» des espèces disparues, le bio-hacking DIY financé grâce à des financements participatifs, et la création d’organoïdes cérébraux, etc. Bien que je compte beaucoup sur les éléments naturels fragiles et transitoires tels que les os, plumes et autres objets organiques trouvés et structures animales fines afin de construire les paysages internes pour chaque sphères (Cf. l’oeuvre "Synthia’s Closet"), une chose intéressante est arrivée pendant que je préparais la technologie micro-électronique nécessaire à l'exécution de ce projet. Afin de créer le genre d’éclairage de petit format, flexible et « off-the-grid » (non connecté au réseau électrique) avec de la fibre optique et la technologie LED nécessaires pour obtenir les effets que je cherchais, j’ai amassé une vaste collection de bric-à-brac électronique venant de magasins à un dollar que j’ai cannibalisé pour commutateurs micro-électronique jetables, LED, résistances, et des batteries bon marché que j’ai ensuite combinés avec les éléments organiques5http://www.sciencemag.org/content/329/5987/52.fullhttp://www.theguardian.com/science/2010/may/20/craig-venter-synthetic-life-formhttp://www.telegraph.co.uk/science/7745868/Scientist-Craig-Venter-creates-life-for-first-time-in-laboratory-sparking-debate-about-playing-god.html trouvés pour faire un très riche ragoût conceptuel et visuel, aussi fertile que ce qui peut être trouvé dans les boîtes de pétri de Craig Venter et en ajoutant considérablement à l'efficacité du projet final. En d'autres termes, pour la première fois dans ma pratique, la technologie est devenue non seulement le contenu de mon travail, mais a aussi fondamentalement influencé la forme et ramifié le sens de l'œuvre, qui peut être proche de ce que vous cherchez, comme ce que vos questions suggèrent.

MF : Merci beaucoup pour cette réponse, vraiment intéressante et singulière. Pourriez-vous en dire plus concernant le titre et le sens de Synthias Closet et le lien avec les biotechnologies ?

IT : L'ETC Group, une organisation internationale sans but lucratif qui traite des questions liées à la biotechnologie en particulier, avait prévu la création du type d'organisme synthétique que Venter a réussi à produire en 2010. L'ETC Group a nommé l'organisme hypothétique « Synthia». Par la suite, Venter, un auto-promoteur tenace, a adopté ce nom et a créé une page Facebook appelée «Synthia Venter »6https://www.facebook.com/synthia.venter.9. Voici donc pourquoi « Synthias Closet ».

MF : Je serai curieux de savoir si vous avez rencontré des artistes qui font usage des nouvelles technologies, ou qui les critiquent, dans les arts du verre ?

IT: Bien sûr. Voici quelques artistes qui ne manquent pas d’intérêt : Koen Vanderstukken7http://www.vanderstukken.com/ ; Hyperopia Projects (Matthew Szosz)8http://hyperopiaprojects.com/index.html ; Geoffrey Mann; Tim Tate9http://washingtonglass.blogspot.ca/2013/07/glass-secessionism.html.

MF : Les artistes que vous citez ont des démarches très différentes. Pouvez-vous nous dire quelque chose de particulier sur le travail de Koen Vanderstukken, par exemple, ou de Geoffrey Mann ? En général, ou en particulier sur l’usage qu’ils font des nouvelles technologies ?

IT : Je suis extrêmement réticente à l’idée de commenter le travail d'autres artistes, de peur de le dénaturer injustement.

Koen Vanderstukken est un sculpteur sur verre extrêmement polyvalent, qui recherche, dont les œuvres les plus récentes font un usage important des nouvelles technologies : TV LCD, des lasers, des projecteurs. Je trouve que son exploration de la perception et de la technologie est proche de celle de certains travaux d'Olafur Eliasson.

J'ai vu Geoffrey Mann faire une présentation à Portland en 2009 et j’ai été éblouie, mais à part cela je ne connais que son travail à travers des publications et des sources en ligne. Il fut l'un des premiers utilisateurs de CAO 3D et du prototypage rapide. La chose curieuse à propos Geoffrey Mann est de savoir comment les technologies semblaient arriver par hasard pour servir les idées qu’il avait déjà en tête, sur lesquelles il travaillait. Le plus souvent, c’est l'inverse : la technologie vient en premier, puis l'artiste trouve un moyen de l'utiliser de façon créative. J’espère que vous trouverez cela utile.

VERSION ANGLAISE.

MF : Dear Ione Thorkelsson. I have discovered your work recently. You are a glass artist, but you use also other materials in your glass creations, and, observing your different works, I have imagined that it could be interesting to ask you some questions concerning our study project that we are currently conducting. Indeed, as you know because you have accepted to participate, we have began, a research concerning contemporary creations combining glass and new technologies “in the digital age”. The idea is to observe what happens when artists choose to combine these two fields (aesthetic, artistic, poetic, plastic, symbolic, critic dimensions). Obviously the expression "new technologies" could also raise several other social, political, ecological, economical subjects. So, here’s a serie of questions : What is the relationship you have with “technologies” in general ? What is their role in your work ? Can we say that influence the form, the meaning ? They are means, only ? Is the relationship with technology has been an important issue in your practice ? Are you interested in the subject of new technologies, or glass arts and new technologies (digital technologies), and if you are not interested in, why ? Eventually, what is the place of digital technologies in your works ? What do you think about the use of new technologies (digital technologies) in glass arts ?

IT : I apologise for taking so long to answer your query and I regret not being able to respond to you in French, as any self-respecting Canadian should be able to do. Canada is a complicated country.

I had some difficulty deciding how to respond to your very interesting and thought-provoking questions. This was partly due, no doubt, to the nature of my artistic practice which is a bit schizophrenic. The answers to your questions are entirely different depending on which side of my practise we are considering.

In general, my relationship to technology, while not antagonistic, is strictly on an as-needs basis. The focus is the material, secondly the process, and only remotely the tools (technology). I sense the current mood in the art world to be the exact reverse: technology-focused with an indifference to the choice of material.

Let me begin by stating that as far as digital technology is concerned, the answer to your query is simple: my first digital equipment was a controller on a kiln (c1985), my first PC was bought in 1995, my first digital camera was bought in 1999, and my first website was launched in 2000. That’s it. Digital technology has had no direct effect whatsoever on my artistic practise.

If, on the other hand, we are talking about ‘technology’ in general, then the answer is yes, it has had a strange effect on my artistic practise. When I first began trying to work with glass in the early 1970s, I was not embracing technology, I was heading the opposite direction - I was trying as hard as I could to minimize technology, to simplify it and minimize the time spent in the studio dealing with it.

I started blowing glass in 1973, which was a fairly early point in the development of the North American Studio Glass Movement. I did not begin experimenting with casting glass until the late 1980s, and from 1992 until 2006 I juggled both blowing and casting in the same studio. From 2006 to the present, I have been doing cast work only10http://www.mts.net/~thorkels/03migration/migration.html.

The objective of the SGM was backward-looking in that it sought to revive or re-invent an ancient technology, to take it out of its fairly closely-guarded industrial setting, to adapt it and scale it down so that this fabulous, but technically demanding, substance 'glass' could be used by the individual artist in a small- scale studio setting. This was before commercial glass batch, before commercially available glass colour, before commercial glass equipment, and long before computers and the Internet. My entire technical support until the Internet consisted of two books: Harvey Littleton’s Glassblowing: A Search for Form (1971) and Samuel R. Scholes’ Modern Glass Practice (first published in 1935). Hardly the cutting edge. The glass community at the time was fairly small and most of the early people in the SGM came from ceramics, which meant most of the early glass equipment and tools were adapted from the ceramics studio. So in a sense, the relationship with technology was backward looking. I was interested in welding and refractories and chemistry only to the extent these technologies helped me get to the glass itself, otherwise technology was a obstacle that stood between me and my chosen material. My allegiance was (and is) to the material, not the technique or the technology. For the first several years I used remelted scrap window glass, something no one would consider doing today. This allowed me to sidestep the whole problem of glass chemistry for a while and start working with glass fairly quickly [see image “Vase A0151" 11Freeblown remelted window glass, 1974, 12.5cm x 27.5cm ht. The number ‘A0151' indicates it was the hundred and fiftyfirst piece I completed in my studio. I don’t think I produced a piece that expressed the spirit of the SGM and my feelings towards the material more successfully than this very early piece: molten, exuberant, unfussy, headlong, spontaneous, forthright, euphoric, exploratory.]. My favourite technology (tool) was a wet wad of newspaper I used in the palm of my hand to shape the glass gather on the end of the blowpipe. That was as close as I could get to actually working the molten material with by bare hands, as unmediated by tools and technology as possible. I envied potters who could actually hold the clay.

Casting is another matter altogether. I migrated from blown glass to casting first because I was interested in exploring all aspects of glass; and second, to explore the expressive possibilities that blowing lacked. Or as I say on my website: it was as if while walking down a long hall in the house of glass I passed a door I had never before noticed, slightly ajar. I gave the door a little nudge and it opened, revealing a vast new chamber12http://www.mts.net/~thorkels/03migration/ACADtalkREV.pdf.

Indeed, new technology itself (or at least the underside of new technology, specifically bio-technology) has become the content of my current work [see image “Synthia’s Closet”13An installation titled "Synthia’s Closet", to be shown at the Ottawa School of Art, Ottawa, Ontario, April 2015.] which is concerned with the ambiguities and cultural disquietude surrounding current trends in bioengineering and genetic manipulation. It was prompted by the announcement that Craig Venter had succeeded in creating ‘synthetic life’, and the daily stream of stories about the possible ‘de-extinction’ of lost species, crowd-funded DIY bio-hacking, and cerebral organoids that come to us daily. Although, I rely heavily on delicate and transitory natural elements such as bones, feathers and other found organic objects and fine animal structures in order to construct the internal landscapes for each sphere, an interesting thing happened while mastering the micro-electronic technology required to execute this project. In order to create the kind of small-scale, flexible, ‘off-the-grid’ lighting with fibre optics and LED technology necessary to achieve the effects I was looking for, I amassed an extensive collection of cheap electronic bric-a-brac from dollar stores which I subsequently cannibalized for their inexpensive, disposable micro-electronic switches, LEDs, resistors, and batteries which I then combined with the found organic elements to make a very rich conceptual and visual stew, as fertile as anything found in Craig Venter’s14http://www.sciencemag.org/content/329/5987/52.fullhttp://www.theguardian.com/science/2010/may/20/craig-venter-synthetic-life-formhttp://www.telegraph.co.uk/science/7745868/Scientist-Craig-Venter-creates-life-for-first-time-in-laboratory-sparking-debate-about-playing-god.html petri dishes and adding immeasurably to the effectiveness of the final project. In other words, for the first time in my practice, technology has not only become the content of my work, but has also fundamentally influenced the form and ramified the meaning of the work, which may be close to what you are looking for, as suggested in your questions.

MF : Thank you a lot for this answer, really interesting and singular. Could you say more concerning the title and the meaning of Synthias Closet and the link with biotechnologies ?  

IT : The ETC Group, an international non-profit organization that addresses issues related to bio-technology in particular, anticipated the creation of just the type of synthetic organism that Venter succeeded in producing in 2010.  The ETC Group named the hypothetical organism ‘Synthia’.  Subsequently, Venter, a tenacious self-promoter, adopted that name and created a Facebook page called ‘Synthia Venter’15https://www.facebook.com/synthia.venter.9. Hence, ‘Synthia’s Closet’.

MF : After this interesting "exposé", I will be curious to know if you have met artists whom use new technologies or critic them, in glass art ?

IT : Of course. Here’s other artists that might be of interest : Koen Vanderstukken16http://www.vanderstukken.com/ ; Hyperopia Projects (Matthew Szosz)17http://hyperopiaprojects.com/index.html ; Geoffrey Mann18http://www.mrmann.co.uk/ ; Tim Tate19http://washingtonglass.blogspot.ca/2013/07/glass-secessionism.html.

MF : The artists you mention have very different approaches. Can you tell us something special about the work of Koen Vanderstukken, for example, or Geoffrey Mann ? In general or in particular concerning their use of new technologies ?

IT : I am extremely hesitant to comment on other artists for fear of unfairly misrepresenting them.

Koen Vanderstukken is an extremely versatile and searching glass sculptor whose most recent works make extensive use of new technologies: LCD TV, lasers, projectors.  I find his exploration of perception and technology has a similar feel to some of Olafur Eliasson's work.

I saw Geoffrey Mann make a presentation at Portland in 2009 and was dazzled, but apart from that I only know his work through publications and online sources.  He was one of the earliest users of 3D CAD and rapid prototyping. The curious thing about Geoffrey Mann is how the technologies seemed to arrive serendipitously to serve the ideas he was already working with in his head.  Most often it's the other way around: the technology comes first, then the artist finds a way of using it creatively. I hope you find this useful.

 

Photo : Ione Thorkelsson, Synthias closet, 2014.

Notes   [ + ]