Entretien avec Lonekke Gordijn, Studio Drift, Design (avril 2015)

Entretien avec Lonekke Gordijn, Studio Drift, Design (avril 2015)


VERSION FRANCAISE :

MF :  Quelles nouvelles technologies utilisez vous et pourquoi avez vous choisi ces nouvelles technologies ?

LG : Nous travaillons avec l'obsidienne synthétique, un sous-produit d'une méthode ingénieuse pour le recyclage des déchets chimiques. C’est un verre volcanique synthétique, et nous devons découvrir comment il se comporte puisqu’il est différent du verre ordinaire. De plus, nous utilisons des techniques de fraisage 3D pour faire le modèle.

MF : Quelle est la place des technologies digitales et des nouveaux medias dans vos oeuvres ? Les nouvelles technologies génèrent des formes, des idées ? Ou vice versa ? Ou il y a toujours un lien subtil entre idées, formes et nouvelles technologies ?

LG : Elles ont une place utile, disons que c’est pratique. Nos idées peuvent être réalisées avec les nouvelles technologies, mais les technologies elles-mêmes ne génèrent pas des idées ou des formes. Ce serait trop superficiel.

MF : Que pouvez-vous dire à propos de l’impact des nouvelles technologies dans les creations en verre aujourd’hui ? Pensez vous que les nouvelles technologies peuvent enrichir la création en verre (dimensions esthétiques, artistiques, formelles…) ?

LG : Pour sûr, je pense que les nouvelles technologies en général enrichiront toutes les créations et apporteront des possibilités, dans l'avenir, qui n’auraient jamais été créés auparavant. Il est très prometteur que ces technologies se rapprochent de la population et soient de plus en plus à portée de main.

MF : Quelles sont les limites dans l’usage des nouvelles technologies dans l’art du verre aujourd’hui ?

LG : Je n’aime pas penser en termes de limites, mais de possibilités.

MF :  L’usage des nouvelles technologies devrait-il être accompagné par une réflexion critique sur les nouvelles technologies elles-mêmes, en termes social, politique, écologique, économique ?

LG : Tout est lié, la façon dont nous pensons, et la façon dont nous créons. Tout ce que nous faisons, c’est une réaction à cette époque. Les nouvelles technologies permettront de créer de bonnes choses, mais aussi de mauvaises. C'est inhérent à la façon dont les gens sont.

VERSION ANGLAISE :

MF :  Which new technologies you use and why did you choose these new technologies ?

LG : We are working with synthetic obsidian, a byproduct of an ingenious method for recycling chemical waste. It is a synthetic volcanic glass, and we have to find out how it behaves, as it is different than regular glass. Further more we use 3D milling techniques to make the model..

MF : What is the place of digital technologies and new media in your works ? New technologies create forms and ideas? Or vice-versa? Or there is always a subtle balance between ideas, shapes and new technologies?

LG : It has a useful place, let's say it is practical. Our ideas can be made with new technologies, but the technologies themselves don't generate the ideas or shapes. That would be too shallow.

MF : What can you say about the impact of new technologies in glass creations today ? Do you think that new technologies can enrich the glass creation (aesthetic, artistic, formal, dimensions) ?

LG : For sure, I think that in general new technologies will enrich all creations and opens up possibilities for the future that could have never been created before. It is very promising that these technologies will come closer to the people and will be more an more within reach to use.

MF : Which are the limits in the use of digital technologies in glass art today ?

LG : I don't like to think in limits, but in possibilities. So I don't think there are any limits…

MF :  The use of new technologies should be accompanied by critical reflection on new technologies themselves in social, political, ecological, economic, terms ?

LG : Everything is related, the way we think, and the way we create. All we do is a reaction to this time. It will create possibilities for good things, but simultaneously for bad things. This is inherent to how people are.