Entretien avec Mounir Fatmi

Entretien avec Mounir Fatmi


Il faut absolument voir avec qu’elle information on peut connecter une autre information. Connecter par exemple le Coran avec l’érotisme de Bataille. Beaucoup de gens l’ont pris pour une provocation, mais non, cela n’était pas du tout une provocation. On ne peut pas comprendre le Coran aujourd’hui s’il n’est pas connecté avec Les enfants sauvages de Burroughs, avec l’Esthétique de Hegel, qui critique pour une grande partie l’art musulman. On ne peut plus avoir une seule lecture. Et je vous rejoins, il faut quelle soit complexe. Il y a des talibans, ce qui signifie “étudiants”, qui ne lisent que le Coran : ce n’est plus possible aujourd’hui. Et l’information à l’heure actuelle, elle est aussi dogmatique que la religion. Elle reprend son fonctionnement dogmatique, elle ne montre qu’une partie de la réalité et elle vous dit : « vous êtes informés, vous savez ». On en revient à la même idée : nous ne sommes pas informé, nous sommes manipulés, et ce n’est pas parce qu’on a internet que nous le sommes davantage. [...]