Entretien avec Sébastien Biset

Entretien avec Sébastien Biset


Humblement politique dans ce sens là, certainement. Conditions de production et de création, affects et percepts, production de situations… c’est précisément en cela qu’il s’agit d’un art plus que jamais pragmatique. Le prisme marxien n’est pas bien loin, mais je ne crois pas qu’il soit intéressant de s’y rapporter : on se situe bien au-delà, sans référence à un modèle idéologique ou politique particulier. Quant à l’institution, je crois qu’elle ne s’en porte pas plus mal : nous sommes loin des modèles subversifs ou de détournement de la critique institutionnelle, et l’extra-muros aujourd’hui n’est plus sous-tendu par cette volonté vive et convaincue de mettre à mal les structures de monstration de l’art contemporain. Les artistes qui choisissent d’agir à même l’espace réel, en refusant tout détachement par rapport au quotidien, ne formulent par ce biais aucun grief envers l’institution : il est fini le temps des barricades, de la révolte et du soulèvement.

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