Exposition et Automatisation. Rencontre 1

Exposition et Automatisation. Rencontre 1


Exhibition and Automation / English version below

Au mois de juillet, Oudeis organisait une première rencontre de son groupe de recherche sur les questions soulevées par son nouvel axe de travail : Exposition et Automatisation.

Durant les cinq journées où se sont réunis Annie Abrahams, Thierry Guibert, Selma Lepart, Séverine Bailly, Sandra et Gaspard Bébié-Valérian, nous avons défriché, débattu, projeté des hypothèses de travail. En alternant ateliers, présentations, prototypages et recherche, ce temps fut dédié aussi bien à la réflexion qu'à l'expérimentation. Les attentes initiales ont été rapidement discutées et mises à l'épreuve du groupe. S'ensuit  une série de travaux à venir qui prendront aussi bien la forme de créations (productions, résidences), d'articles et études de cas, que de propositions en méthodologie et applications techniques.

Exposition et automatisation

Les technologies dans l'art - qu'elles soient numériques, électroniques ou mécaniques - posent des enjeux aussi bien de création que de diffusion, de curation ou encore de conservation. C'est un ensemble potentiellement fragile, une chaîne de combinaisons possibles de problèmes et de solutions, depuis la conception à la production des œuvres.  Les conditions de leur diffusion peuvent paraître tout autant précaires et, alors que certains reculent, d'autres s'emparent de tous les potentiels offerts par les technologies et en particulier l'automatisation dans l'exposition.


Il est difficile d'imaginer pouvoir traiter et embrasser la totalité de ce que recouvre l'exposition et l'automatisation. C'est pourquoi Oudeis se propose de travailler plus particulièrement autour de certaines notions qui ont émergé au cours de cette première étape de travail. À savoir : les questions de distance, de mouvement, de protocole et de durabilité.

Il est aussi indispensable de s'inscrire dans une généalogie et donc de visiter l'histoire, en particulier celle de l'exposition.

Ce travail de recherche et de création a alors pour but de développer des ressources critiques et artistiques pour initier, à travers l'usage des technologies, de nouveaux affects dans l'espace d'exposition (matériel ou immatériel).

Cogitations et contributions

Collectivement, les concepts et les mots ont été largement discutés et débattus afin de positionner notre propos. Selon d'où l'on se place (depuis l'art ou les sciences, par exemple), les termes mêmes d'exposition et d'automatisation ont des acceptations différentes. Deux idées sont ressorties : la première ramène aux origines étymologiques du mot "exposition" relié à l'abandon ; la deuxième est la délégation du geste humain par la mise en place d'un processus réitérable.


Par ailleurs, dans les échanges il a souvent été question de liberté et de "pulsion de vie". L''automatisation pouvant être conçue comme une forme d'aliénation par la machine ou par un mode de pensée, il était utile de souligner les potentiels positifs qui nous intéressent ici. Pour cela nous nous sommes appuyés d'une part sur de l'existant (œuvres, écrits, approches scientifiques) et avons commencé à constituer une bibliographie. D'autre part, nous avons fixé des objectifs relevant de la théorie (l'espace d'exposition comme contenant, développer les conditions de réception, concevoir une méthodologie de travail et de documentation) et de la pratique (prototypages de contenus de création et de monstration).


Contributions


Outre les échanges collectifs, des contributions ont ponctué le temps de la rencontre (résidence de Selma Lepart, ateliers, projections, lectures, démonstrations et micro-conférences). Cela a abouti à des propositions concrètes de projets de création et de prototypage :


• Constallations de Annie Abrahams, Pascale Barret et Alix Desaubliaux (performances online)


• Phantom Ride de Thierry Guibert (installation cinématographique


• Derniers contacts de Sandra & Gaspard Bébié-Valérian et Thierry Guibert (installation, performance et sonification des données)


• Mycore de Sandra & Gaspard Bébié-Valérian (installations modulaires, bio-art)


• Élaboration d'un workshop de Soft Robotics par Selma Lepart.


De plus Oudeis met en place un espace collaboratif virtuel pour le suivi et l'étude de ces projets au regard des objectifs de notre recherche. Outre l'analyse critique des œuvres et de leurs conditions de monstration, ce travail nous permettra d'élaborer des méthodologies à l'usage des artistes et des curateurs. En effet, l'automatisation peut grandement faciliter la diffusion, la conservation et la documentation des créations. Mais celle-ci doit être pensée en amont. Enfin, toute la recherche théorique fera l'objet de publications régulières sur notre site (articles, entretiens, bibliographie, veille).


Version française au-dessus

English version

In July, Oudeis organized a first meeting of its Research group on the issues raised by our new line of work: Exhibition and Automation.

During the five days where Annie AbrahamsThierry GuibertSelma LepartSéverine BaillySandra et Gaspard Bébié-Valérian met, we cleared, debated and projected working hypotheses. By alternating workshops, presentations, prototyping and research, this time was dedicated to both reflection and experimentation.The initial expectations were quickly discussed and put to the test of the group. This is followed by a series of upcoming works that will take the form of creations (productions, residencies), articles and case studies, as well as proposals in methodology and technical applications.

Exhibition & automation


Technologies in arts - digital, electronic or mechanical - pose issues of creation as well as dissemination, curation or conservation. It is a potentially fragile whole, a chain of possible combinations of problems and solutions, from conception to production of works. The conditions for their dissemination may seem just as precarious and, while some retreat, others seize all the potential offered by the technologies and in particular the automation in the exhibition.


It is difficult to conceive of embracing all of what covers exhibition and automation. This is why Oudeis proposes to work in particular on the issues of distance, movement, protocol and sustainability. Finally, this work of research and creation also aims to develop critical and artistic resources to initiate, through the use of technology, new affects in the exhibition space (material or immaterial).


Cogitations and contributions


Collectively, concepts and words have been widely discussed and debated in order to position our purpose. Depending on where you put yourself (from art or science, for example), the terms of exhibition and automation have different acceptances. Two ideas emerged: the first relates to the etymological origins of the word "exposition" related to abandonment; the second is the delegation of the human gesture by setting up a repetitive process. Moreover, in the exchanges it has often been question of freedom and "drive of life". Since automation can be conceived as a form of alienation by the machine or a way of thinking, it was useful to point out the positive potentials that interest us here. For that we relied on the existing on the one hand (artworks, writings, scientific approaches) and began to constitute a bibliography. On the other hand, we have set theoretical objectives (the exhibition space as containing, developing reception conditions, designing a methodology for work and documentation) and practice (prototyping of creative content and of display).


In addition to the collective exchanges, contributions punctuated the time of the meeting (residence of Selma Lepart, workshops, screenings, readings, demonstrations and micro-conferences). This culminated in concrete proposals for creation and prototyping projects:



  • Constallations by Annie Abrahams, Pascale Barret and Alix Desaubliaux (online performances);

  • Phantom Ride by Thierry Guibert (film installation);

  • Last Contacts by Sandra & Gaspard Bébié-Valérian and Thierry Guibert (data installation, performance and sonification);

  • Mycore by Sandra & Gaspard Bébié-Valérian (modular installations, bio-art);

  • Development of a soft robotic workshop by Selma Lepart.


In addition, Oudeis is setting up a virtual collaborative space for monitoring and studying these projects with regard to the objectives of our research. In addition to the critical analysis of the works and their conditions of demonstration, this work will allow us to elaborate methodologies for the use of artists and curators. Indeed, automation can greatly facilitate the dissemination, preservation and documentation of creations. But it must be thought upstream. Finally, all theoretical research will be the subject of regular publications on our site (articles, interviews, bibliography, monitoring).