Jusqu’ici, tout va bien / Catalogue

Jusqu’ici, tout va bien / Catalogue


Jusqu’ici tout va bien, catalogue de l'exposition des Rencontres des arts numériques, électroniques et  médiatiques 2011.

A propos


D’une société de la peur entretenue par l’idée du terrorisme, nous serions passés au mode collectif de l’anxiété. La fin d’Oussama ben Laden marque le tournant de la période post-11 septembre dans une acmé médiatique qui veut faire oublier le marasme d’une guerre qui coûte symboliquement et économiquement cher. L’état de crise est passé par là. Elle est mondialisée, elle mobilise les attentions politiques et place les populations dans l’attente de conséquences sans qu’elles puissent véritablement en préciser les causes, désigner des responsables et exiger réparation. La crise est moins assimilable à une guerre qu’à une épidémie : invisible, elle est partout et peut se manifester de bien des manières.


Subissant un quotidien précarisé par les crises successives, nous vivons dans l’attente de catastrophes nouvelles : naturelles, écologiques, sanitaires, économiques, politiques, etc. Pas de fuite possible, pas d’échappatoire et un sentiment d’impuissance conduisent à envisager le futur comme une idée inquiétante et incertaine.


Jusqu’ici, tout va bien. Les maux sont connus mais les symptômes ne sont pas encore suffisamment forts pour interrompre le cours des choses. Le calme avant la tempête...


Que faire alors en attendant ?


En plaçant hors du temps et de l’espace le modèle dont nous nous inspirons, nous courons certainement un risque, qui est de sous-évaluer la réalité du progrès. Notre position revient à dire que les hommes ont toujours et partout la même tâche en s’assignant le même objet, et qu’au cours de leur devenir les moyens seuls ont différé. [...] Les zélateurs du progrès s’exposent à méconnaître, par le peu de cas qu’ils en font, les immenses richesses accumulées par l’humanité de part et d’autre de l’étroit sillon sur lequel ils gardent les yeux fixés ; en sous-estimant l’importance d’efforts passés, ils déprécient tous ceux qu’il nous reste à accomplir. [...] Rien n’est joué ; nous pouvons tout reprendre. Ce qui fut fait et manqué peut-être refait. L’âge d’or qu’une aveugle superstition avait placé derrière [ou devant] nous, est en nous.” Claude Lévi-Strauss, Tristes Tropiques, ed. Pocket 2009, pp.470-471.


Artistes / Chercheurs / Intervenants : Art-Act / Keyvane Alinaghi / Manuel Braun / Beatriz Da Costa / Alain Declercq / Daphne Dragona / Erro (Gudmundson dit) /Antonin Fourneau / Mathias Fuchs / Chris Marker / Fiorenza Menini / Molleindustria / Marc Neocleous / Phase 3 / Yann Sinic et Nathalie Combe / Jeanne Susplugas.


Achat

Oudeis / Editions Oudeis / 2012-2013 / 72 p. / 978-2-918317-00-5 / 9 euros (fdp inclus)

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