Individuation et réalités déviées : Matrix

Individuation et réalités déviées : Matrix


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Les différentes retranscriptions du réel, dans Matrix, suivent chacune des formes différentes avec des degrés gradués de perception :

- Le premier, commun à tous, c’est celui qui nous constitue comme êtres au sein de sociétés selon les normes et structurations psychologiques propres à nos cultures. Le film se déroule dans cette première strate, celle qui nous est commune.

- Le second, c’est l’instrumentalisation des hommes par les machines comme sources d’énergie dans un monde dévasté hyperindustrialisé qui a échappé au contrôle de la société. Les hommes sont plongés dans des sommeils artificiels et croyant évoluer dans un environnement simulé (première strate) offre une énergie directe à l’expansion robotique.

- Le troisième, récursif dans le graphisme général du film, dans son identité et marquant le plus cette question de la virtualité, c’est la rematérialisation de chaque objet, chaque corps et structure, en un ensemble de données : le code. Le code informatique, graphe du langage élémentaire de l’ordinateur (la machine), cryptogramme étonnant, sommaire dans son expression et uniquement déchiffrable par le processeur, coeur d’interprétation des signaux électriques, pulsations abstraites de l’écriture, de la matérialisation des pixels, eux-mêmes symboles d’un réel, succession de 1 et 0, typographies vertes sur fond noir en perpétuel mouvement et régénération ou plutôt comme le décrirait Kandinsky, succession d’espaces et points.