Diego Ortiz et Antoine Gonot / Vanishing walks

Diego Ortiz et Antoine Gonot / Vanishing walks


Diego Ortiz et Antoine Gonot / Vanishing Walks

04  novembre 2016, 18h00-20h00. Médiathèque Lucie Aubrac
jauge limitée, réservation conseillée

Dispositif interactif, performance théâtrale et application pour tablettes

Vanishing Walks est un spectacle sans acteurs. Il est « joué » intégralement par les spectateurs sur scène avec l’aide de tablettes. Ensemble, ils se connectent à un dispositif qui se révèle indissociable de la performance théâtrale. Le dispositif est autant un espace d’expression qu’un outil qui détermine les règles et contraintes du spectacle. Les spectateurs suivent les consignes d’un texte sur l’écran de leur tablette, mis en forme avec des didascalies, pour les indications de jeu, et un texte « dialogué », destiné à être lu à voix haute.

Production : Zinc

"Vanishing Walks fabrique une expérience esthétique que nous souhaitons questionner en profondeur, tant du point de sa structure matérielle que de l’écriture scénique. Si le spectateur participant est immergé dans le dispositif, en activant le processus théâtral, son activité est parfaitement disciplinée et maîtrisée, le contraignant à une posture plus réactive qu’elle n’est active. Le matériau textuel, vecteur de fiction et de consigne, est le seul coordinateur de l’expérience. Or nous souhaitons approfondir la question de la friction entre jeu et théâtre, travailler à moduler des règles de jeu pour définir un cadre restreint d’ouverture, tout en veillant à ce que la théâtralité ne cède jamais totalement la place au jeu.

Du point de vue de la démarche expérimentale art-sciences, nous rejoignons, par cette intention de travail sur les « règles », celui réalisé par Emmanuel Guez, Christian Giriat et Xavier Boissarie, qui interrogent le point de tension entre jeu et théâtre à l’aune du « code », dans leurs dimensions informatiques et sociales. Nous affirmons aussi une affiliation forte aux travaux de David Finnigan fondateur de l’ensemble Boho Interactive, qui questionne l’utilisation de « modèles », en tant que représentation mentale ou formelle d’un système. Prenant pour point de départ de nos réflexions, le célèbre Dilemme du Prisonnier de la Théorie des jeux, nous souhaitons mettre en œuvre une narration interactive qui mettra en scène des situations de conflit, tout en intégrant le conflit dans les mécaniques de jeu. L’objectif est d’offrir une vision d’auteur sur les dynamiques de groupes qui émergent autour de la question du post-humanisme, mais aussi conduire le spectateur à une forme de réflexivité par l’expérimentation des conséquences individuelles et collectives de postures clivantes.

L’évolution de la communauté au gré de la fiction et son rapport au transhumanisme sera donc dépendante du dénouement (explicite ou implicite) de situations de conflit. Le transhumanisme est traité comme une transition, comme différentes possibilités de changement d’état. Tout l’enjeu de l’écriture réside dans la qualité de ces changements et leur signification pour le spectateur. Ce dernier décide de son expérience mais il expérimente aussi les conséquences de ses actions sur la communauté. A une échelle réduite nous envisageons d’expérimenter des situations potentielles, une forme de pre-enactment sous proposition théâtrale qui traite la question de la représentation.
Il s’agit de jouer, mais de jouer pour comprendre, de jouer pour agir, de jouer pour transformer. Le théâtre et particulièrement, la scène de théâtre, est le lieu de mise en œuvre de ce questionnement autour du fonctionnement sociétal qui peut impacter notre environnement, au delà de l’humain."

Diego Ortiz et antoine Gonot