Wolf Vostell au Carré d’art de Nimes


Le Carré d'Art de Nimes organise une rétrospective du travail de Wolf Vostell du 13 février au 12 mai 2008. Assurément, il est bon de visiter et aborder le travail de cet artiste majeur, ayant notamment traversé plusieurs grandes phases au XXème siècle.

Peintre, sculpteur performeur, il a notamment agi au sein du mouvement Fluxus en employant la télévision comme médium, s'en servant tant pour sa dimension de diffusion que d'objet. Cependant l'intérêt majeur de cette exposition ne réside pas dans la dimension novatrice de son œuvre. L'exposition du Carré dArt fait figure de rétrospective et suivant la déambulation des salles, nous traversons les époques, les accointances et possibilités d'expression.

Outre l'aspect documentaire, qu'en reste-t-il ? La question est épineuse car plusieurs des œuvres présentes vieillissent mal. Cela s'explique par les matériaux employés, coupures de presse, matériaux collés, objets, meubles, pianos, motos... Ses dé/collages dans la lignée des pièces de Raymond Hains ou Jacques Villeglé (1955-60), se saisissent de la presse pour sa dimension communicative, comme geste de réaction à cette fameuse "guérilla des signes". Accrochés en contrepoint de peintures ou mixés à des sérigraphies, transfert d'images subissant une expression  abstraite, Vostell y associe une implication politique, sociale et picturale (Ihr kandidat 1961, Miss America 1968). Chacun de ces éléments subit la trace du temps du fait que nous les connectons à une époque. Tous les symboles de la société de consommation sont rapidement dévalués au détriment d'autres et c'est ce dont souffrent ces œuvres.  Elles ne se détachent donc pas par un caractère plastique exceptionnel et ne diffèrent pas non plus de nombreuses autres propositions faites durant la même époque. Cependant, plusieurs d'entre elles marquent un sens certain du readymade et une articulation avec des questions politiques. Sujets relatifs à la seconde guerre mondiale, guerre du Vietnam, pénitence, massacres, les sujets sont vastes et souvent cathartiques et le parti-pris du bricolage donne plus de force et d'impact aux installations. Nous penserons notamment aux pianos de Sarajevo (1994), lacérés par des tronçonneuses, ou encore Aug um Auge (1991), Christ dont l'un des yeux se voit subsititué par l'objectif froid d'une caméra. L'insertion d'objets extérieurs ou détournés permet l'association d'idées et se situe en cohérence avec les travaux de (dé)collages. La récurrence de l'objet se voit parfaitement incarnée dans le téléviseur, objet que Vostell saisit dans plusieurs de ses performances et installations avec Fluxus (Die Winde, 1981), Georges Maciunas, Nam June Paik et Charlotte Moorman...

Ce que nous tirons de Wolf Vostell n'est pas tant la singularité de ses propositions, c'est plus sa faculté à associer les techniques et méthodes.  L'intérêt d'une telle exposition ne se pose pas en termes d'appréciation mais réellement d'histoire de l'art. Nous acceptons une telle exposition plus comme un ensemble de documents, préliminaires à ce qui véritablement donnera une envergure à Wolf Vostell : l'art vidéo, communément accepté aujourd'hui et le happening. En somme, des disciplines peu enclines à rester dans le temps.

http://www.museovostell.org/colecciones.htm 

http://www.medienkunstnetz.de/suche/?qt=vostell